Le Blog de l'autonomie musicale

Le live est mort, vive le live

Comment trouver des concerts ?

Comment arriver à se produire en live ?

Comment trouver ces fichues dates ?

Quel musicien ne s’est pas posé ces questions, finissant à genoux les larmes aux yeux devant le désert abyssal de leurs réponses !

Le live est mort, vive le live ! Dans mon dernier article « Arrête de vouloir signer sur un label » je concluais sur la nécessité de jouer sa musique en live pour continuer à exister. A peine mis en ligne, je suis tombé sur un post Facebook de Romain Humeau. Pour ceux et celles qui viennent d’esquisser une moue dubitative à la lecture de ce nom, laissez-moi vous initier : Romain est l’auteur, compositeur, chanteur et guitariste du groupe Eiffel. Il a, à son actif, 5 albums avec son groupe et 3 albums solo. L’homme est productif. J’aime sa musique, sa façon d’écrire, son parcours bref je suis un fan de la première heure.

Dans ce post, Romain fait le constat amer de la difficulté, voire de l’impossibilité, pour lui de trouver des dates dans des salles de concert de tailles intermédiaires (400 places). Autant le citer pour ne pas paraphraser son contenu :

« J’aurais, nous aurions, tant aimé faire beaucoup plus de concerts sur cette tournée Mousquetaire 2 »… « Mais non, rien à faire : A l’heure ou 350 000 euros pour un concert « artiste français » (et rock de surcroît, madame) peut être le budget sur des gros festivals, les programmateurs de salles de 400 sur notre beau territoire n’ont pas daigné jeter oreilles sur Mousquetaire 2 »… « Et bien une salle de 400 en province, quand elle n’est pas morte ou en passe de l’être n’a plus ce budget 95 fois moins élevé ni pour moi ni pour tous les potes faisant de la musique depuis quelque temps maintenant et aimant toujours autant cela »

Le post en entier est ici :

Quand j’ai lu ses mots, je ne vous cache pas avoir eu un grand moment de découragement derrière. Si Romain Humeau, avec 20 ans de carrière et sûrement quelques dizaines de milliers d’albums vendus et des centaines de concerts à son actif, se casse les dents sur le booking de dates, comment moi, petit moustique insignifiant, je peux avoir la prétention d’aller toquer aux portes des programmateurs et autres patrons de salles ?

Si je fais le bilan de ma carrière personnelle, qui doit compter un peu moins d’une centaine de concerts (Ah oui quand même…) sur 25 ans (Ah ok je comprends mieux !), il est clair que ce n’est pas rutilant. En effet, je peux facilement citer une dizaine de lieux qui ont fermé faute de public dans un rayon de 100 kilomètres autour de chez moi. Je pourrais aussi passer le reste de l’article à rebondir d’anecdotes en aventures narrant toutes les vestes, les vents, les ignorances, les refus mollassons voir catégoriques que nous avons vécus lors de nos parties de chasse aux concerts. Il faut avouer que ce terrain n’est pas giboyeux et que les seules bestioles qui s’y promènent son furtives et rusées !

Est-ce ce même mal moderne qui ronge un énième secteur en proie à des mutations aussi rapides que profondes ? Sûrement. C’est comme souvent, multifactoriel (Désolé il fallait que je le place pour faire le malin !). La crise du disque qui fait monter les prix des concerts pour compenser les pertes, le matraquage continuel de contenu sous lequel nous nous débattons quotidiennement et qui camoufle souvent les petites pépites (j’en profite pour vous rappeler cette statistique hallucinante : chaque heures, 68 ans de contenu est uploader sur le seul site Youtube), l’individualisme toujours plus présent dans nos réflexes les plus basiques, des critères économiques… Je ne suis pas sociologue donc je ne me risquerai pas à privilégier une explication par rapport à une autre.

 

Je vois déjà venir à moi les macronistes patentés me crier dessus des « Je traverse la rue, je vous trouve un concert moi ! » ou des « la meilleure façon de se payer un costard pour la scène, c’est de travailler ! ». A leur décharge (même si cela me coûte de leur trouver des circonstances atténuantes), certaines de mes expériences étrangères au monde musical pourraient (j’insiste sur pourraient) leur donner légèrement raison. J’ai mis assez de pincettes vous pensez ?

En effet, je le confesse, il m’arrive d’aller voir jouer l’équipe de rugby de mon coin depuis qu’ils sont remontés en TOP 14. La proximité du stade, les pintes de bières et l’ambiance virile mais correcte en font un moment assez agréable soyons honnête. Ok, je dois être totalement transparent : Je suis souvent invité avec loge, champagne et petits fours… Vous dites? Je m’en bourgeoise ? Les places se vendent entre 15 et 60 € et vous savez quoi ? C’est quasiment complet à chaque match (18 000 places). Je sais ! Aucun rapport vous allez me dire. Oui mais voir autant de personnes sortir de chez elles pour aller voir un spectacle ailleurs que sur un écran de nos jours et ce tous les 15 jours et à ces prix-là, c’est miraculeux non ? Surtout si on compare ça au nombre d’entrées que font les concerts dans la petite salle de 400 places du coin comme le dit Romain Humeau. 

A bien y réfléchir, ne pourrait-on pas révolutionner l’univers du Live ? Chaque secteur connait actuellement sa plus ou moins grande révolution. Internet aidant, il est de plus en plus envisageable de se passer des intermédiaires ou des tiers qui séparent depuis toujours ou presque deux personnes qui veulent échanger des services, du temps ou des valeurs. Des sites comme Airbnb ou Uber, en passant par le bon coin ou la toute jeune mais très prometteuse technologie de la blockchain vont dans les années à venir complétement chamboulernotre manière d’échanger, de vendre, d’acheter, de vivre. On appelle ça la  désintermédiation (Comment il se la pète !).

Alors qu’est ce qui m’empêche de contacter 20 personnes  que je connais assez bien pour penser éveiller leur intérêt en leur proposant un concert privé chez eux ? On connait tous 20 personnes au moins ? Ces  personnes elles-même connaissent bien 20 personnes au moins. Cela fait aussi 400 personnes touchées avec 20 fois plus d’effort je le concède mais notre époque nous laisse-t-elle le choix ? Je suis d’accord aussi sur le fait que je mets par là même une balle dans le pied de ces fameuses salles de concert et autres lieux de diffusion. Pour être franc (ou naïf je vous laisse trancher), je pense que les deux systèmes se nourrissent l’un l’autre.

Après quelques recherches rapides avec l’aide inconditionnelle de mon ami Google (un ami qui vous veut du bien ?), je suis tombé sur plusieurs sites qui proposent de mettre en relation les artistes et les propriétaires d’appartements ou maisons voulant recevoir un concert au milieu du salon.

Concert en appart:

Ce site me parait le site le plus abouti. Il propose une trentaine de ville. L’inscription pour les artistes ne coute que 25 €, et les hôtes doivent s’acquitter de 15 € de frais de mise en relation. Le reste, cachet, condition est à négocier entre l’artiste et son hôte. https://www.concertenappart.com/

 

Il existe d’autres sites comme :

http://www.mon-concert-prive.com/

http://www.lesconcertsadomicile.com/

http://myprivatelive.com/

Je ne suis jamais passé par un seul de ces sites. Je ne juge donc pas ici du sérieux des offres et de l’organisation. J’éclaire juste que ce service existe déjà sur la gigantesque toile. Si par cas vous êtes déjà passé par ce genre de site n’hésitez pas à laisser un commentaire pour  partager votre expérience. Et si votre ville ne fais pas partie des choix possibles, rien ne vous empêche de les trouver vous-même vos 400 premiers spectateurs. Allo, maman ? Tu fais quoi vendredi soir en 8 ?

Je rêve d’un espace d’expression ou chacun pourrait apporter sa contribution et ses idées pour réinventer les concerts de demain. Avec un peu de chance, il sera peut-être possible à nouveau de faire sortir les foules pour qu’elles aillent mettre leur nez devant des musiciens passionnés, pour les voir entièrement recouverts de la sueur que la passion nous file quand on joue au milieu d’une salle à manger comme si on était sur la scène d’un zénith.

Personnellement c’est ce que je vais tenter de faire avec mon projet solo : NIL. Une fois que j’aurais construit  un live assez long et bien maitrisé je partirai toquer aux portes de tous ceux qui voudront bien m’accueillir dans leur maison/Zénith ! En attendant, mon salon est ouvert Romain, et moi et ma petite famille se feront un plaisir de t’accueillir toi et tous tes ahuris !

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